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#6 : Pourquoi vous envoyez des questionnaires aux spectateur•ices après vos spectacles ?

Une scène de théâtre avec le logo des 3 Ours

Louise Katz

6 févr. 2026

Pour tout vous avouer, c'est une question que je me pose après chaque spectacle. Évidemment, nous lisons tout plein de commentaires qui envoient de l'amour et de la force pour les 30 prochaines années au moins, mais aussi des critiques tout aussi affûtées que constructives, ainsi que quelques mots haineux, qui malheureusement ont tendance à davantage accaparer notre attention... La faute à ce maudit biais de négativité ! 


Bon, vous me direz peut-être "Que veux-tu, c'est le jeu, ma pauvre Lucette". Certes, mais pourquoi diable nous imposons-nous un tel exercice, quand nous pourrions restés tranquillement lovés dans notre déni serein ? La réponse en 3 points comme 3 Ours.


L'INFORMATION VIVANTE EST UN COMMUN

La première raison tient à la nature même de notre projet (arriverons-nous un jour à prononcer le syntagme "notre projet" sans penser immédiatement à Emmanuel Macron ? Nul·le ne peut en être certain·e, mais je veux y croire). 


Notre projet donc, en faisant de l'information sur scène, de l'information vivante,  était de recréer du commun autour de l'information. Car, aux 3 Ours, nous croyons fondamentalement que l'information est non seulement un bien commun essentiel à la chose publique comme à la vie démocratique, mais encore qu'elle doit  se vivre ensemble, se partager, se discuter collectivement, même si la conversation peut parfois s'avérer houleuse, voire franchement conflictuelle. 

Dès lors, vous questionner sur la manière dont vous vivez et ressentez les spectacles d'information que nous produisons nous apparaissait nécessaire et consubstantiel à notre démarche, pour s'engager ensemble dans une information qui puisse être véritablement nôtre. 


UNE EXPÉRIMENTATION DE R&D SOCIALE

Dès les débuts de la construction des 3 Ours, nous avons souhaité inscrire notre média dans une démarche de R&D sociale. Ouh la la, mais qu'est-ce donc ? Je ne vais pas me lancer dans une explication qui dépasse vraiment le cadre de cette lettre d'information, mais pour la faire très courte, disons que la R&D sociale repose sur l'idée que l'innovation n'est pas que technologique et qu'il existe aussi la nécessité d'élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits. Lesquels étant nouveaux demandent un travail de recherche et de développement. Si vous souhaitez en savoir plus, je ne peux que vous inviter à consulter le site d'Ellyx, le cabinet spécialisé qui nous accompagne sur le sujet.

L'information, dans les nouveaux enjeux auxquels elle est confrontée, de l'IA à la concentration des médias en passant par les campagnes de désinformation, présente un gigantesque terrain de besoins sociaux mal satisfaits. Parmi eux, un intéresse particulièrement les 3 Ours et a motivé notre démarche : la fatigue informationnelle. Notre hypothèse de départ est que l'information vivante peut être une fabuleuse réponse à ce phénomène qui touche de nombreuses citoyennes et citoyens qui se détournent d'une information perçue (et on le comprend !) comme anxiogène. Parce que l'information sur scène est un temps collectif où l'on n'est plus seul·e face à l'info, parce qu'on s'informe au moment que l'on choisit, parce qu'il est possible d'en échanger dans un cadre serein.

Mais ça c'est notre hypothèse ! Encore faut-il le prouver ! Ce questionnaire est la toute première brique d'un travail de recherche que nous espérons plus grand dans les années à venir. Si vous connaissez des équipes de recherche qui travaillent sur l'information vivante, les nouvelles écritures médiatiques, les liens entre théâtre et médias ou toute autre objet d'étude cohérent par rapport à notre travail, n'hésitez pas à nous écrire pour nous en parler, nous cherchons activement une équipe avec laquelle nous impliquer.

Les 3 Ours, c'est donc avant tout un projet expérimental qui doit pouvoir s'adapter, s'ajuster, évoluer pour répondre au mieux aux besoins nouveaux liés à l'information.


LA QUESTION DE L'IMPACT 

Enfin, comme de nombreux médias, notamment dans le sillage de l'excellent Rembobineles 3 Ours se préoccupent de leur "impact", même si on n'aime pas trop le mot, bien bien galvaudé et avec une connotation militaire qui n'est pas trop la mode de la maison. 

La mesure d'impact s'est généralisée pour la plupart des projets à dimension sociale, notamment lorsque des financements publics sont en jeu. Il ne s'agit plus seulement de faire, mais de pouvoir démontrer les effets de nos actions dans des domaines où la seule mesure chiffrée est rarement pertinente. Un média qui réunit une audience nombreuse est assurément un média qui a du succès, mais pas nécessairement un média qui répond à un besoin social donné.

Notre questionnaire post spectacle constitue donc également un premier élément pour tenter de mesurer si nous répondons ou non aux objectifs que nous nous somme fixés avec la production de ces spectacles d'information : vous donner à voir comment travaillent les journalistes, vous fournir des clés pour comprendre la fabrique de l'information et vous sentir moins angoissé·e face à l'actualité.

Et vous savez ce qui nous fait très plaisir et nous donne tellement envie de continuer ? 

Votre réponse est OUI.

Si vous avez assisté à un ou plusieurs (!) spectacle(s) des 3 Ours (et uniquement si vous l'avez fait, merci de ne pas fausser nos statistiques), merci de prendre 5 minutes pour répondre à notre questionnaire. Pour toutes les raisons mentionnées dans cet article vos réponses sont tellement précieuses !

https://form.typeform.com/to/fi27iegG

Les Trois Ours

C'est le média qui fait monter l'information sur scène à Rennes et en Bretagne. Ce sont aussi une lettre d'information et des ateliers d'éducation aux médias pour mieux comprendre la fabrique de l'information et celles et ceux qui la font.

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